Si j'étais... - Armandine Penna
     
Si j'étais...
Des milliers de jeunes migrants débarquent chaque année en France, sans famille. On les dit désormais « mineurs non accompagnés » (MNA) après les avoir longtemps appelés « mineurs isolés étrangers » (MIE). Un nouveau sigle institutionnel mais pas forcément de changement dans leur accueil : la tendance est de les considérer comme des étrangers plutôt que comme des enfants à protéger…

Certes, les services de la protection de l’enfance des départements mettent à l’abri les plus jeunes. Ceux pour qui il est coutume de dire « qu’il n’y a pas de doute ». Quand l’évaluation sociale par des travailleurs sociaux a conclu à une minorité, validée par le juge des enfants.
Mais pour tous ceux dont la minorité est contestée - souvent sur la base de tests osseux, que la défenseure des droits des enfants juge « aussi inefficaces qu’indignes »-, commence un long parcours qui fait suite à celui périlleux à traverser les frontières. Ces jeunes errent entre les squats et la rue, ne pouvant compter que sur la solidarité de quelques militants. Ils engagent des recours, défendant l’authenticité de leurs actes de naissance.
Pour tous, une course contre la montre est engagée : à 18 ans, s’ils n’ont commencé aucune formation, leur chance d’obtenir un droit de séjour s’envole.

En 2016, j’ai suivi trois jeunes migrants sans famille tentant de se protéger dans l’avenir.
- Carmel, Congolaise de 17 ans, qui a la chance d’être accueillie depuis 3 ans dans un Foyer de l’aide sociale à l’enfance. Elle a commencé une formation par alternance dans l’aide à la personne.
- Aboubakari, Malien de 17 ans, vivant en squatt et considéré comme un « ni-ni » : sa minorité n’est pas reconnue mais les structures sociales destinées aux adultes ne lui ouvrent pas leurs portes.
- Thierno, Guinéen de 18 ans, qui passe un CAP en alternance dans la restauration, vit en logement autonome et a obtenu son droit de séjour.

Leurs témoignages ont été projetés sous forme de diaporamas sonores lors de la journée régionale d’études sur les Mineurs non accompagnés, organisée par l’Uriopss (union régionales des organismes privés sanitaires et sociaux) des Pays de la Loire en mai 2016 (à visionner dans la page MULTIMEDIA).
Carmel, migrante congolaise
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